Les jardins suspendus de Babylone sont un ensemble de jardins situé dans l'antique cité de Babylone, en Irak. Leurs beautés fait qu'ils ont été inscrits sur les listes antiques des merveilles du monde, et ils figurent de nos jours sur la liste canonique. Mais malgré leurs descriptions par diverses personnes faisant autorité, cette merveille du monde est la plus sujette à caution. Certains se demandent même si ils ont réellement existé, car si on a des traces archéologiques de la plupart des autres merveilles du monde, ou du moins des éléments tangibles attestant de leurs réalités, pour les jardins de Babylone, il est beaucoup plus difficiles d'en avoir des preuves.
Les jardins ont-ils réellement existé ?
Arguments prouvant que ce n'est pas le cas
Si on se pose encore cette question de nos jours c'est qu'il existe de gros doutes sur leurs existences. La première raison pour laquelle il est possible qu'ils n'aient jamais existé est que les recherches archéologiques entreprises n'ont rien rapportées alors que d'autres bâtiments de Babylone, comme les remparts ou le grand palais ont parfaitement été identifiés. De plus ces fouilles ont couverts une grande surface de l'antique cité et il reste peu d'endroits où ces jardins pourraient être. Autre argument, le témoignage d'Hérodote : Ce haut personnage a vécu au Ve siècle avant JC, il est considéré comme le premier historien de l'humanité, au sens où ce fut le premier à s'intéresser à l'histoire des civilisations le précédent. Il a écrit quelques livres d'histoire mais aussi de géographie, sans se limiter au monde qui l'entourait. Grand voyageur, il connaissait bien Babylone pour s'y être établit un temps. Si une personne était à même de décrire les jardins, ça aurait été lui, mais bizarrement son récit de la visite de la ville ne décrit à aucun moment ces jardins qui auraient pourtant dû être parmi les principaux monuments à être cité.
Autre argument, les auteurs grecs anciens. C'est sur la base de leurs textes que Quinte Curce et Strabon ont écrit leurs descriptions. Or ces auteurs sont sujets à caution car ils vécurent dans des temps anciens où les écrits, rares, étaient faits sur la base de description orale pouvant facilement être détournée. De plus chaque civilisation voulant mettre en avant sa puissance, il est normal que les descriptions soient toujours exagérées. C'est le cas des remparts de Babylone par exemple, dont Hérodote estime la hauteur à 100m ce qui est architecturalement impossible.
Pas de traces archéologiques, le principal historien de l'époque qui n'en parle pas, des auteurs grecs anciens douteux : Les jardins de Babylone ont-ils réellement existé ?

Arguments prouvant leurs existences
Tout d'abord il faut savoir que les recherches archéologiques ne sont pas terminées à Babylone. Si une grande partie du terrain a été identifiée il reste encore des zones (certes de plus en plus restreintes) dans lesquelles se cachent peut-être les vestiges des jardins suspendus. Ensuite la ville de Babylone n'était pas célèbre que pour ses jardins suspendus mais surtout pour ses remparts. Il est curieux que les jardins aient supplantés les remparts car visiblement ils étaient beaucoup plus impressionnants, toujours d'après les documents de l'époque. Ce n'est que Philon de Bysance a mis en avant les jardins dans sa liste (devenue depuis canonique) mais à l'époque les visiteurs de la ville étaient surtout surpris par les remparts. Il n'est donc pas si étonnant que ça que les jardins ne soient pas mentionnés si souvent que ça dans les documents de l'époque.
Et si les jardins étaient ailleurs ?
Plutôt que de croire en leur inexistence on peut se demander si les jardins n'étaient pas dans une autre ville. C'est la thèse de Stéphanie Dalley, assyriologue, qui suppose que les jardins étaient en fait à Ninive, une ville plus au Sud, ancienne capitale de l'Assyrie. Elle se base sur la confusion que l'on trouve dans certains textes anciens entre Ninive, et Babylone, deux capitales proches et rivales. Nabuchodonosor II attaqua et vainquit les assyriens et forme un royaume bien plus grand. Or les assyriens connaissaient les techniques d'irrigation et avaient la capacité de faire des jardins en hauteur. Ils en avaient déjà réalisés, ils savaient commetn faire monter l'eau grace à des vis sans fin par exemple. Il existe une gravure d'un jardin en hauteur à Ninive (gravure conservée au British Museum) qui pourrait être les vrais jardins. Mais comme rien n'est simple pour ce moument, une étude attentive de cette gravure montre que si certains arbres semblent bien pousser au-desssus d'une terrasse, il est probable que l'artiste assyrien ait voulu rendre une impression de perspective et représenter les arbres au-delà de la terrasse.
La thèse de l'erreur d'emplacement est tout à fait possible, elle est étayée par la supposition que les jardins suspendus ont été localisés à Babylone en raison du statut particulier de la ville dans la littérature antique, symbole de l'Orient et résidence de figures légendaires. Dès lors, à cause de la déformation dans la transmission du souvenir des jardins royaus assyriens, ceux-ci auraient été "implantés" à Babylone, ville prestigieuse dont on a gardé le souvenir plutôt que dans une ville complètement oubliée.
Stéphanie Dalley a été précédée par quelques auteurs qui envisagèrent durant le XXe siècle que ces jardins étaient ailleurs. La première fois c'est en 1979 par l'allemand W. Nagel dans son ouvrage "Where were then 'Hanging gardens' located in Babylon?" Il émet l'hypothèse qu'il y a eu deux jardins dans deux endroits différents, un néo-babylonien et un perse, ce qui permet d'être conforme avec la représentation de Koldewey, exprimée ci-dessous. Citons aussi M.S. Damerji qui, dans un ouvrage écrit en arabe dont le titre français pourrait être "Où se trouvaient les jardins suspendus de Babylone ?", imagine un autre endroit pour l'emplacement des jardins.
Emplacement
Et c'est justement leurs emplacements qui sont à l'origine d'une polémique récente. Et si les traces archéologiques n'ont pas encore été trouvé parce qu'ils ne sont tout simplement pas là où on les cherche ? Et si les jardins de Babylone n'étaient pas à Babylone ? C'est la thèse de l'assyriologue Stéphanie Dalley d'Oxford qui a étudié le problème et a situé les jardins à Ninive, plus au Sud.
Toujours est-il que si ils ont existé, et on va supposer que se soit le cas, ils sont sensés avoir été dans la ville de Babylone, une ville antique dont les ruines sont actuellement en Irak, à 100Kms au Sud de Bagdad, près de la ville d'Hilla. On est ici en plein coeur de la Mésopotamie, le long de l'Euphrate. C'est la plus orientale des Sept merveilles du monde antiques, la seule qui ne soit ni égyptienne, ni grecque. Sa présence dans la liste est dû à sa grande beauté tout comme à l'exploit technique qui a permit de monter l'eau nécessaire aux jardins en hauteur, alors que pour les autres merveilles, c'est la plupart du temps simplement leurs majestuosités qui leurs permet d'être sur la liste.
Emplacement
Comme les archéologues n'ont pas trouvé de traces des jardins de Babylone il est impossible de les situer exactement, mais les fouilles archéologiques entreprises sur le site de l'antique Babylone ont montré qu'ils pourraient être sur les deux sites indiqués en vert sur cette carte. Malheureusement rien n'est simple avec cette merveille du monde, et ces deux suppositions sont battues en brèche par le fait que si la petite zone était bien construite de colonnes voûtées, elle est trop petite pour avoir été l'emplacement de ces jardins. Quand à la 2e supposition elle est tentante mais correspondrait plus à un jardin palatial classique.

 

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