La cathédrale Notre-Dame d’Amiens est la plus vaste cathédrale de France par ses volumes intérieurs (200 000 m3). Avec les cathédrales de Chartres, de Reims, de Bourges et de Beauvais (même si la nef de cette dernière n'a jamais été construite), elle est considérée comme l'archétype du style gothique classique, comprenant aussi des éléments des phases suivantes du style gothique, du gothique rayonnant (notamment le chevet) et du gothique flamboyant (notamment la grande rosace de la façade occidentale, la tour nord et les stalles). Sa longueur hors œuvre est de 145 mètres et sa hauteur sous voûte de 42,30 mètres (proche du maximum supportable pour cette architecture).

La cathédrale a perdu la plupart de ses vitraux d'origine, mais elle reste réputée pour ses sculptures gothiques du xiiie siècle ornant sa façade occidentale et le portail de la Vierge Dorée sur la façade sud du transept, ainsi que les stalles de son chœur, chef-d'œuvre d'ébénisterie. Son unité architecturale est manifeste, mais les aspects hétérogènes de sa façade occidentale et l'élévation de sa nef montrent que la cathédrale a subi au cours de sa construction d'importantes modifications qui ont altéré la pensée originelle de l'architecte...

 

 

 

L'essentiel de la construction est en pierre de taille, essentiellement de la craie blanche, roche sédimentaire calcaire typique du Crétacé supérieur (plus précisément ici duTuronien ou Coniacien, datant d'environ 90 millions d'années), majoritairement extraite des carrières de Picquigny à 10 km en aval d'Amiens. C'est une roche très typique du nord et de l'ouest de la Picardie, de la Haute-Normandie ainsi que d'une grande partie du Nord-Pas-de-Calais, très utilisée pour les nombreux monuments gothiques de cette zone (comme à BeauvaisAbbevilleSt RiquierSt QuentinSt OmerEvreuxVernonles AndelysCaudebec-en-Caux, les églises de Rouen, ou encore les cathédrales gothiques disparues de ThérouaneCambrai et Arras). La craie est une roche fine et assez tendre, très facile à travailler, scier et sculpter, encourageant les structures et sculptures les plus hardies, les carriers ont su sélectionner les bancs les plus durs et de bonne qualité pour la construction (cette pierre étant plus ordinairement fragile et peu résistante face à l'érosion). De nombreux nodules de silex très durs sont présents dans la craie, non repérables à l'avance ils ont toujours été intégrés dans les sculptures dont ils dépassent parfois (et ils sont très visibles par exemple au niveau des piliers de la cathédrale).

 

Les soubassements de la cathédrale sont quant à eux en grès quartzite des buttes témoins du Tertiaire (Thanétien, vers - 55 Ma) de la région, c'est une roche beaucoup plus dure et solide, mais surtout étanche, pour isoler la construction de l'humidité du sol.

 

Les restaurations du xixe siècle des parties hautes de la façade ont été faites en calcaire lutétien (la pierre typique de la région parisienne, plus solide que la craie, de l'ÉocèneTertiaire) des carrières de l'Oise. La grande balustrade et les marches du parvis, datant du xixe siècle, sont en pierre bleue belge, un calcaire très dur duTournaisien (ère Primaire, - 350 Ma) des carrières de Soignies (Belgique)42. Le dallage de la cathédrale dont le labyrinthe, en sombre et claire, combine la pierre noire de Tournai (Belgique) avec la pierre claire de Marquise (Pas-de-Calais), deux calcaires marbriers très durs de l’ère Primaire, traditionnellement importés dans la région...

 

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